Il fut un temps où il était difficile pour les luynois de subvenir à l’essentiel.
Le duc de Luynes vient de prendre possession des terres et du château de Maillé. Nous sommes en 1650 et débute dans la région ce que les météorologues appelleront plus tard le « petit âge glaciaire » en oubliant les énormes conséquences subies par le peuple des campagnes. Les crues, la peste, le froid, et la sécheresse se succèdent entraînant des milliers de morts. La région comme une grande partie de la France a subi plusieurs périodes de froid intense et de pluies incessantes qui eurent comme conséquences de de grandes famines.
Le petit âge glaciaire

– 1660 « Cette froidure surpassa celle du grand hiver 1607-1608 »
A Tours, la crue réunit les eaux du Cher et de la Loire. Une grande famine s’ensuit jusqu’en 1661.
– 1662 Hiver long avec gelées presque continues à Paris du 5/12/1662 au 8/03/1663. En décembre 1662 la Seine était entièrement prise.
– 1664 orages et grêle ruinent Fondettes et les environs.

Été particulièrement dur avec la canicule. La paroisse Ste Geneviève de Luynes comptera 204 décès
– 1675, L’intendant du Berry déclarait que « les laboureurs y étaient plus malheureux que les esclaves en Turquie ».
« La plus grande partie des habitants n’ont vécu, pendant l’hiver, que de glands et de racines, écrivait, le gouverneur du Dauphiné, et, présentement on les voit manger l’herbe des prés et l’écorce des arbres. »
« Je ne vois que des gens qui n’ont pas de pain, qui couchent sur la paille et qui pleurent » Racontait en 1680, Mme de Sévigné.
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– 1685 janvier. Grand froid. On enterre dans l’église de Fondettes à cause du froid. Année stérile en toutes choses. Pendant cet hiver le tiers des habitants des communes voisines de Tours meurent de faim.

– 1686, au mois de mars, l’intendant du Poitou note : « Les habitants sont obligés de manger de l’herbe bouillie », Et celui du Languedoc : « Il y a une misère extrême dans les Cévennes, parce que le blé et les châtaignes y ont manqué et beaucoup de paysans ne vivent à présent que de glands et d’herbe. »
– 1687, Des commissaires royaux envoyés pour enquêter sur l’état de l’Orléanais et du Maine, déclaraient qu’on n’y trouvait plus « de laboureurs aisés ».
« Dans leur maison, on voit une misère extrême, ajoutaient-ils, on les trouve couchés sur la paille ; point d’habit que ceux qu’ils portent, presque en lambeau, point de meubles, point de provisions pour la vie. Tout y marque la nécessité. »
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1693-1694 :Un million et demi de personnes périssent de froid, de faim et de maladie.
L’eau gelait dans les puits et le vin dans les barriques. Le bétail et les volailles furent décimés. Dans les chaumières, la température descendit à -10˚C. Le sol gela en profondeur.
Pire encore ! La récolte médiocre de 1692 est suivie à l’automne de pluies diluviennes qui détruisent les semailles et provoquent, en juillet 1693, une moisson désastreuse. « La misère et la pauvreté sont au-delà de ce que vous pouvez imaginer, écrit le lieutenant général en Normandie. Il est à craindre que le peuple, qui ne mange que des herbes, ne coupe et ruine tous les blés avant qu’ils ne soient mûris. » Des spéculateurs accaparent le grain, de sorte que son prix va jusqu’à quintupler.
1694 Mortalité considérable à LUYNES, 199 décès à Ste Geneviève.
1707 Cet été dans le Centre de la France, il n’y a pas eu de pluie. En juillet canicule entre Seine et Loire, dans l’ouest et le nord de la France. En octobre inondations entre Seine et Loire
.1708 Cet hiver fut extrêmement froid en mai les vignes gèlent entre Seine et Loire
En octobre la neige est abondante dans l’ouest et le nord de la France.
1709 – 1710, En mai les vignes gèlent entre Seine et Loire . Les pluies sont abondantes dans le Centre. Cet hiver a été très froid au point que presque tous les arbres ont gelé. La récolte fut absolument nulle.
A Tours, la débâcle de glace rompt le pont de charpente sur le cher, près de St François.
La Loire gela à Luynes à 4 pieds de profondeur (1.2m) Noyers, châtaigniers et vignes furent gelés. Les rochers s’en fendirent.
Le 15 juin une crue emporte la levée près de Cenneuil, ensablant les varennes à l’Est de Tours.
Après ces années de mauvaises récoltes, C’est la famine ! L’hiver rigoureux cause la mort de plus de 250 000 Français.
La petite Sibérie

1719 Mars – Sec dans le nord de la France.
Avril – Vignes gelées entre Seine et Loire, dans le sud-ouest et l’ouest de la France
Mai et juin ont été secs et chauds partout en France.
Juillet et août – Sécheresse et chaleur entre la Seine et le Loire, dans l’est, l’ouest et le nord de la France.
Septembre – Sécheresse entre Seine et la Loire, dans l’ouest et le nord de la France.
Épidémie de dysenterie dans le val-de-Loire
1720 Epidémie de peste noire
1721 Epidémie de peste en Provence(40 000 morts à Marseille et 80 000 dans l’arrière-pays provençal).
1739 – 1740 Famine en Touraine, la population mange de l’herbe. Un hiver très froid. En France la saison froide dura du mois d’octobre 1739 jusqu’à mars 1740 ; à Paris on compta pendant ce temps 75 jours de gelées dont 22 consécutifs. Les gelées de 1740 furent moins rigoureuses que celles de 1709. Malheureusement la récolte fut compromise par les froids pluvieux de l’été 1740, qui présenta une température très basse.

Le marquis d’Argenson (1694-1757), (ministre des Affaires étrangères de Louis XV en 1744), a laissé des « Mémoires » au sujet de l’année 1744 :
« La disette vient d’occasionner trois soulèvements dans les provinces à Ruffec en Angoumois, à Caen et à Chinon. On a assassiné sur les chemins des femmes qui portaient des pains. Cette simple nourriture y est plus enviée aujourd’hui qu’une bourse en or en d’autres temps, et, en effet, la faim pressante et l’envie de conserver ses jours excusent plus le crime que l’avarice d’avoir des moyens accumulés pour les besoins à venir. »


